Pourquoi avons nous tant de mal à dire non?

Il était une fois une petite fille qui vivait chez ses parents et partageait son temps entre l’école et ses amis.

ImageCette petite fille avait toujours été plutôt sage. Comprenez, on valorisait sans cesse son comportement qui montrait qu’elle était gentille. Elle était calme, elle ne bougeait pas trop. Elle savait rester en retrait avec les adultes. Elle savait qu’elle était aimée quand elle se comportait bien. Comme elle avait très peur de se retrouver seule, elle s’appliquait à se faire aimer. Et dès qu’elle faisait quelquechose qui ne plaisait pas à autrui, on lui faisait bien sentir qu’elle était méchante. Qu’elle n’était pas aimable. Que personne ne l’aimerait ainsi. Que c’était mal. Ca la troublait beaucoup, car elle avait peur. Cette petite fille avait entendu ces mots depuis toujours. Et surtout, elle les entendait à la maison mais aussi à l’école. A l’école, il fallait rester assis de longues heures, se retenir pour faire pipi, se retenir pour parler, ne pas rigoler, et toujours faire ce que le maitre disait. C’était un peu difficile au début. Puis avec le temps cette petite fille oublia ces besoins, les rangea dans une petite case de son corps enfermés à double tour. Cette petite fille n’avait jamais rien connu d’autre que cela, et trouvait ça parfaitement normal.

Quand de temps en temps elle refusait de faire quelquechose, quand elle disait non, on lui faisait sentir qu’elle était une mauvaise fille et qu’elle était indigne de son entourage. Cette petite fille était sans cesse en train de s’ajuster à ce que souhaitait son entourage. C’était d’ailleurs assez fatigant, parce que par exemple son papa et sa maman n’avaient pas exactement les mêmes exigences. Alors, si je fais bien pour papa, pourquoi est-ce que ça n’est pas bien pour maman? D’ailleurs, parfois elle aurait bien eu envie de se mettre en colère, quand c’en était trop. Mais on lui avait montré son visage, dit qu’elle était bien laide ainsi transformée. Elle avait eu peur : qu’est-ce donc que ce monstre qui transforme mon visage et me pousse à crier? Ca ne peut pas être moi. Elle l’avait donc tapi aussi tout au fond de sa tête, avec mout craintes qu’il ressorte, certes, mais comment faire autrement?

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Cette petite fille grandit ainsi, entre ses parents qui l’aimaient et l’école qui lui apprenait des tas de choses. Un jour, elle eut fini l’école, trouva un métier qui lui semblait adapté à ses aspiration et un gentil mari. C’était un peu moins simple une fois adulte parce que les autres ne réagissaient pas toujours comme la maitresse ou maman. Parfois ils avaient des réactions incontrôlables. Surtout, elle se sentait souvent perdue, ne sachant pas quoi faire, n’ayant plus personne pour lui dire ce qu’elle avait à faire. Elle essayait d’être parfaite, mais ça n’était pas assez : il fallait aussi qu’elle sache être actrice de sa vie. Mais il y avait un problème : ça on ne lui avait jamais appris. Et surtout comme elle échouait, elle se sentait très coupable de ne même pas arriver à être ce qui lui semblait un état d’adulte. C’était décourageant car toutes ses tentatives pour être parfaite  et gentille l’amenaient encore plus vers le désespoir.
ImageUn jour la petite fille qui était devenue une femme sentit un petit coup de pied dans son ventre. Un petit bébé se manifestait. La petite fille était ravie. Elle allait pouvoir donner tout son amour à l’enfant qui allait naitre. L’enfant naquit, et ce fut beaucoup de bonheur. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le petit bébé grandit. Le petit bébé touchait à tout. Le petit bébé faisait beaucoup de choses qui dérangeaient sa maman.

Mais sa maman avait un problème : on lui avait toujours appris que dire non, c’était prendre le risque de perdre l’amour de la personne qui reçoit le « non ». Elle était face à un gros dilemme : perdre l’amour de son petit garçon? Impossible. Laisser passer ce qui la dérangeait? Beaucoup plus habituel pour cette petite fille. Cette petite fille laissait donc son enfant faire des choses même si ça n’était pas agréable du tout pour elle et qu’elle devait réparer ensuite. Cette petite fille n’avait jamais appris à dire non, comment aurait elle pu le faire spontanément? Elle aurait pu sentir que son besoin de sécurité n’était pas satisfait lorsque son fils partait en courant sur la route. Elle aurait pu sentir que son besoin de respect pour son travail était en danger lorsque son fils démontait toute sa pile de linge. Mais rappelons nous : à l’école, cette petite fille avait cadenassé ses besoins à double tour pour ne plus qu’ils viennent l’enquiquiner. La clé avait été perdue. Plus d’accès à ses repères intérieurs pour savoir comment protéger ses besoins.
La petite fille essaya donc de faire ce qu’elle avait toujours fait : demander à une figure parentale ce qu’elle devrait faire dans cette situation. Ses parents étaient loin, mais il était facile dans les magazines et à la télé de trouver toute sorte de figure parentale qui vous disaient quoi faire. Elle se pliait aussi aux exigences du médecin qui savait de toute façon mieux qu’elle ce qu’il convenait de faire. C’était rassurant par un certain coté. D’un autre, elle avait de grandes difficultés. Son fils faisait de la résistance. Elle ne se sentait pas vraiment bien avec tout cela. Parfois, elle explosait sans raison. Elle se mettait dans des colères noires, et elle sentait en elle une violence incroyable. Elle en voulait énormément à son fils de la mettre dans des états pareils. A trop laisser ses besoins de coté, un jours ils finissaient pas déborder de la cage où ils étaient enfermés et à sortir avec violence.
ImageEt la suite de l’histoire?

Il y a deux options, à vous de choisir:

1. elle rencontra une amie qui lui dit : Tu es trop laxiste. Il faut te resaisir. Ton fils n’est pas en sécurité sans limites.
La petite fille opina.
Son amie  lui prescrit une liste de choses à interdire. La petite fille s’y essaya. Mais elle se sentait très coupable de ne pas être une mère acceptable. Elle arrivait peu ou prou à suivre les consignes, mais de plus en plus, elle fuyait la relation avec son fils. Ca n’était pas très confortable, cet enfant qui dit non, qui refuse, qui fait des crises. Elle se sentait souvent fatiguée. Elle vit de moins en moins cette amie, sans pour autant comprendre ce qu’il se passait.
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2. elle rencontra une amie qui l’écouta en silence. Son amie ne lui dit rien sur sa façon de faire. Elle sentait bien que son amie faisait différemment, mais elle ne percevait pas exactement pourquoi. Plusieurs fois, elle explosa sur son fils en présence de son amie et lui mit une fessée. Son amie accueillit juste sa colère. Petit à petit, elles en vinrent à échanger sur des choses plus intimes. Sur leurs peurs, leurs émotions. Les années passèrent. Cette amitié grandissait, elle faisait du bien à la petite fille. Elle se sentait aimée quoi qu’il arrive par cette amie. Petit à petit, elle apprit à accepter ses émotions, ses colères. Elle apprit aussi en voyant son amie faire avec sa petite, à identifier ses besoins, à demander, à voir ce qui était acceptable et ce qui ne l’était pas. Son estime d’elle même grandissait de jour en jour à mesure qu’elle se reconnectait à ses ressentis. A tel point qu’un jour la peur de ne plus être aimée par son enfant si elle lui disait « non » disparut d’elle même, sans qu’elle sache bien comment. Cette amie possédait la clé secrète qui ouvre toutes les cages intérieures….

ImageEt qui permit à la petite fille de retrouver le contact avec ses limites et ses besoins. Ce qui lui permit d’entrer en relation avec son fils de façon plus sereine et respectueuse pour lui comme pour elle. Les explosions de colère s’apaisèrent, et furent remplacées par un simple sentiment de colère qui n’engendrait pas de violente réaction, mais juste une affirmation de ses besoins. Elle apprit au passage que désaccord n’équivaut pas à désamour et que son fils l’aimait tout autant, même s’il n’était pas toujours d’accord.

Cette petite fille est toujours en chemin vers elle même….

PS : elle a découvert entre temps le coaching…. un outil oh combien plus efficace pour apprendre à se positionner, incarner sa puissance et prendre pleinement sa place tout en étant bienveillant. Pour en savoir plus, c’est ici

Les parents d’aujourd’hui n’ont plus d’autorité…

On entend souvent cette phrase dans la bouche de nombreuses personnes… J’avoue qu’elle me fait bondir. Comme si c’était aussi simple… comme si il y avait les parents d’avant, les bon (qui en général sont en train de parler), et ceux d’aujourd’hui, les mauvais.

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Qui d’accuser les parents de laxisme lorsqu’il s’agit d’expliquer la violence des jeunes (en dépit du fait qu’on sait aujourd’hui qu’elle est liée à la violence éducative). Qui d’accabler les parents qui laisseraient tout « passer » lorsqu’un bambin se roule par terre dans un magasin. Quel parent n’a pas entendu « il y a des fessées qui se perdent » dans la rue, le square, alors que son enfant avait un comportement qui dérangeait certains. Je me suis longtemps sentie mal à l’aise face à cette injonction d’autorité. Nous n’avions pas seulement été des enfants « gâtés » comparé à nos parents, voici qu’enfin devenus adultes et parents, on nous accusait d’être responsables des maux de la société. Ne serions nous donc jamais des personnes respectables? Mais au fait, c’est quoi l’autorité?

L’autorité et l’obéissance comme seule voie d’éducation?

Lors des siècles passés, le respect de l’autorité et l’obéissance ont toujours été un objectif majeur. Le fonctionnement de la société était autoritaire, ce qui sa traduisait jusque dans la plupart des familles, des établissements d’enseignement et des lieux de travail. Ceux qui avaient le mieux appris à obéir s’en sortaient mieux socialement. Cette obéissance a toutefois eu des conséquences dramatiques lors de la seconde guerre mondiale (Miller, 1985). Habitués à obéir et élevés sous obéissance totale, les criminels de guerre ont amené à l’abattoir des milliers de personne. Les « justes » quant à eux, qui ont sauvé des vies, avaient reçu une éducation empreinte de bienveillance (voir les ouvrages d’Olivier Maurel). L’expérience de Milgram a par ailleurs montré qu’une bonne part des personnes, lorsqu’elles sont soumises à une autorité scientifiques, obéissent à l’injonction de faire mal à quelqu’un.

La psychanalyse, ayant évolué dès ses débuts dans ce type de société très autoritaire, a intégré cette croyance comme un fait acquis dès ses débuts : l’enfant était égoïste et sans limites, il fallait lui enlever ces penchants négatifs. L’autorité parentale sans limites était vue comme une façon de rendre les enfants acceptables pour vivre en société. Déresponsabilisé depuis son plus jeune âge, l’enfant était vu comme un être dominé par ses pulsions que l’adulte devait réprimer. Cette vision se comprend puisque n’ayant jamais la faculté d’exercer sa responsabilité et sa capacité à coopérer, il ne pouvait, pour défendre cette atteinte à son intégrité, que manifester son mécontentement par des comportements portant atteinte à l’autorité.

Dans les années 60, la société a été traversée par un vent démocratique et anti-autoritaire. Les femmes, qui étaient elles aussi soumises à l’autorité, se sont rebellées. L’image des enfants a également changé, et certains ont défendu une éducation démocratique et avec peu de contraintes. Cela a abouti dans les années 80 à la croyance qu’il fallait expliquer, parler à l’enfant, et que celui-ci comprendrait de lui-même et obéirait par la raison à ses parents. Croyance qui a donné lieu au vent de retour de l’autoritarisme actuel. Aujourd’hui on sait grâce aux études sur le cerveau que cette forme de libertarisme ne correspond ni aux besoins ni au développement de l’enfant.

Parallèlement, même si les châtiments corporels ont évolué, ils sont toujours bien présents (85% des enfants d’aujourd’hui en ont reçu). Les parents d’aujourd’hui cherchent souvent à faire autrement, ayant souffert ce ceux-ci dans leur enfance. Mais n’ayant aucun autre modèle, c’est compliqué, et souvent, ils y reviennent lorsqu’ils sont à bout. Ce n’est pas un manque d’autorité, c’est souvent une difficulté à poser ses limites sans utiliser les châtiments corporel ou des méthodes qui ne leur conviennent pas.  Faute de modèle.

L’attachement comme base du développement de l’empathie pour autrui

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De nos jours, les données scientifique, qu’elles soient issues de l’étude du comportement animal, humain ou encore de la neurobiologie, tendent à montrer que cette vision de l’enfant qui doit être réprimé dans son égoïsme est complètement erronée. L’enfant humain est programmé pour développer de grande facultés d’empathie dès la naissance, parce qu’il est extrêmement dépendant des adultes pour sa survie pendant longtemps. Des soins adaptés à ses besoins et à son développement affectif et un attachement sécure à sa personne de référence (mère, père, ou autre adulte) lui permet progressivement de développer une confiance en lui (Bowlby). C’est cette estime de lui même qui lui permet de devenir réellement autonome et de développer un intérêt pour les autre. La parentalité positive s’attache entre autre à développer le potentiel des enfants pour l’empathie et la coopération, au lieu de réprimer une animalité qui n’est que le fruit de l’éducation répressive qu’on reçu la majorité des enfants.

Quand j’étais petite, j’entendais sans cesse « fais ceci, fais cela ». « Tu vas voir, si tu ne fais pas ce que je te dis, ce qui va t’arriver! ». « mange ta soupe sinon tu n’auras pas de dessert! ». »Je compte jusqu’à trois, tu obéis sinon tu auras une fessée », mais encore « tu te tais sinon tu auras 3h de colle »… Maintenant imaginons que nous soyions adultes et que nous entendions sans cesse ces phrases au travail. Quelle image de nous même pourrions nous développer? Quelle colère développerions nous à l’égard de celui qui est notre responsable ! Son message implicite en l’essence est : « je ne fais aucune confiance en ta capacité à m’aider, c’est pourquoi je suis obligé de te forcer à le faire en te menaçant ». Bien, cher patron, si tu n’as aucune confiance en moi, eh bien je vais te prouver que tu as raison et je ne vais surtout pas t’aider ! Et surtout je n’agirai comme tu le veux que par peur de la sanction, jamais parce que j’ai envie de t’aider ! Enfant, j’ai surtout développé des tas de croyances sur moi, comme quoi je n’étais pas fiable, que j’étais indigne de confiance, que je ne savais pas prendre de responsabilités. Choses qui m’ont poursuivies bien longtemps et qui ne m’ont pas du tout aidée à avoir un comportement responsable, puisque quelqu’un s’était toujours chargé pour moi de prendre la responsabilité. Je n’avais qu’à obéir !

Les limites de qui?

Posons nous la question : nous souhaitons faire coopérer nos enfants, mais pour quelle raison souhaitons nous qu’ils le fassent? Par peur de la sanction? Ou bien parce qu’ils en voient le sens profond? Et si, au lieu de chercher à fixer les limites de nos enfants, nous réfléchissions sur les nôtres? Quand je cherche à faire coopérer mon enfant, je cherche avant tout à satisfaire un besoin qui m’appartient. Mes limites, c’est le contour des situations dans lesquelles mes besoins sont respectés. J’ai besoin d’indiquer aux autres quels comportements me permettent de me respecter et quels comportement sont insupportables pour moi. Elles me sont personnelles. Poser « des limites » à ses enfants n’a aucun sens car les limites ne sont pas celle de l’enfant mais celles de la personne qu’il a en face de lui. En me fixant plus sur ce dont j’ai besoin, et non sur des solutions toutes faites, on arrive souvent à des solutions créatives que nos enfants peuvent nous aider à trouver, participant au respect des besoins de tous.

On sait aujourd’hui que l’enfant apprend beaucoup par imitation et par expérimentation. Aussi, c’est dans la relation parent-enfant qu’il puisera un exemple pour toutes ses relations futures. Dans une société qui base de moins en moins son fonctionnement sur l’obéissance et la règle et de plus en plus sur la responsabilité personnelle et le souci d’autrui, les enfants ont besoin de développer leur intelligence émotionnelle leur permettant à la fois de respecter leurs propres besoins, tout en étant à l’écoute de ceux des autres. C’est cette confiance en leur capacité progressive à être responsable et coopérant qui leur permettra d’acquérir la confiance en soi nécessaire à la vie en société.

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Comment faire en pratique?

Souvent, les croyances sur les enfant débute dès leur plus jeune âge. En effet, la société porte à croire que les bambins et bébés devraient être capable d’agir comme des adultes. Qu’ils devraient être capables de rester sages, sans bouger pendant des heures, qu’ils devraient contenir leurs émotions. Nous savons aujourd’hui qu’ils n’en ont pas la capacité, parce que leur cerveau n’est pas encore mature pour cela et parce qu’ils ont besoin pour grandir de bouger, d’expérimenter, d’exprimer leurs émotions. L’image que nous en avons vient souvent d’enfants qui se tiennent à carreau, soumis par la peur. Le problème est que le regard que que porte un parent sur son enfant influence grandement le comportement de celui-ci. Si un parent a des attentes démesurées, l’enfant ne peut y répondre. Le parent porte alors souvent un regard négatif sur l’enfant (il est turbulent, il est capricieux…), étiquette que l’enfant intègrera alors comme sa personnalité et à laquelle il obéira.

Avant 4 ans, un enfant est peu capable d’imaginer ce que la personne en face de lui ressent. Cet âge correspond avant tout au développement du « je », de la compréhension qu’il est une personne unique. Il a besoin d’apprendre progressivement à connaitre ses émotions, à les nommer et à les utiliser pour protéger son intégrité.
C’est sur cette base que ses neurones-miroirs feront le reste par la suite : ce qu’il connait de lui, il peut le reconnaitre chez d’autres et éprouver de l’empathie. Il peut donc aider les autres à satisfaire leurs besoins et coopérer afin que tout le monde se sente bien. Il a besoin, surtout petit, que ses parents lui expliquent leurs besoins afin de donner du sens à leurs demandes. Il a besoin aussi de grandir sans jugement sur sa personnalité, afin de protéger son estime de lui même, qui est si importante pour pouvoir éprouver de l’empathie pour autrui.

Je peux aussi toujours me rappeler que lorsque mon enfant ne coopère pas, il ne le fait jamais contre moi mais pour lui. Il dit oui à un besoin important pour lui, que je n’ai pas identifié. Regarder le problème ensemble et voir comment on peut le résoudre ensemble en tenant compte des besoins de tout le monde ouvre des perspectives souvent insoupçonnées.

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Alors, manque d’autorité des parents d’aujourd’hui? Ou plutôt une volonté très louable de respecter leur enfant et un besoin d’outils pour y parvenir tout en se respectant soi ?

La bonne nouvelle c’est que de nos jours ces outils existent et sont disponible, et de nombreux parents les ont déjà expérimentés. Au delà des livres, je sais que la plupart d’entre vous ont besoin d’être soutenus et entourés dans votre démarche que votre entourage ne comprend pas toujours très bien.

  • Si vous souhaitez être soutenue dans une démarche d’être bienveillante avec vos enfants tout en apprenant à vous positionner, vous affirmer, à oser créer votre vie sur mesure:

(attention il y a 3 questions d’entrée obligatoires)

  • Vous avez besoin d’un accompagnement personnalisé pour aller plus loin et prendre pleinement votre place de femme, de mère, de professionnelle…

Flore Viard

Pour aller plus loin….

Bowlby John, 1978. Attachement et perte : L’attachement, vol. 1, Paris, Presses universitaires de France. Théorie de l’attachement présentée en conférence par Nicole Guédeney, psychiatre française (vidéo) : http://www.youtube.com/watch?v=Vg04KWHWH5o
Dumonteil-Kremer Catherine, 2004. Poser des limites à son enfant et le respecter. Ed. Jouvence.
Faber Adele & Mazlish Elaine, 2002. Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », Editions relations plus , Canada.
Faber Adele & Mazlish Elaine, 2001. Parents épanouis, enfants épanouis, Cultivez le bonheur dans votre famille, Québec, Editions Relations plus.
Goleman Daniel, 1997. L’intelligence émotionnelle. Paris : Éditions Robert Laffont.
Gordon Thomas, 1980, Parents efficaces, Paris, Marabout
Juul Jesper, 2012. Regarde… ton enfant est compétent – Renouveler la parentalité et l’éducation, Chronique sociale.
Maurel Olivier, 2009. Oui la nature humaine est bonne !, Ed. Robert Laffont.
Maurel Olivier, 2004. La Fessée: questions sur la violence éducative, Ed. La Plage, préface par Alice Miller
Miller Alice, 1985. C’est pour ton bien, Ed. Aubier.
Miller Alice, 1986.L’enfant sous terreur, Ed. Aubier.
Les site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire : http://www.oveo.org/

Qui veut jouer avec moi?

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Je rencontre de nombreux parents qui avouent avoir du mal à jouer avec leurs enfants.

Non pas qu’ils n’en aient pas envie. Non ces parents consacrent du temps à leurs enfants, ils font des activités avec eux, ils les emmènent dans plein d’endroits et sont de merveilleux parents. Ils ont pourtant du mal à lâcher prise et à jouer, et cela semble leur peser. C’est comme si quelquechose leur manquait, un peu comme la pincée de sel dans le mets délicieux que vous prépare votre grand-mère-comme-quand-vous-étiez-petite. Ou peut être une petite pincée de piment, pour pimenter sa vie en compagnie de ses enfants?
Pour d’autres, le jeu ça n’est pas sérieux et ne mérite même pas que l’on s’y attarde.  Dans de nombreux ouvrages d’éducation, on n’en parle même pas. Ca n’est pas sérieux, pensez-vous. Le jeu c’est un truc d’enfant.

Eh bien justement… pour entrer en contact avec nos enfants, rien de mieux que le jeu pour se mettre à leur hauteur

 « Vous dites : C’est épuisant de s’occuper des enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser.

Là, vous vous trompez. Ce n’est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d’être obligé de nous élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments. De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre. Pour ne pas les blesser. »

Janusz KORCZAK, prologue de Quand je redeviendrai petit

Parce que jouer avec ses enfants ça peut nous élever, aussi nous transporter, nous faire redécouvrir le petit lutin joyeux qui trépigne tout au fond de l’adulte sérieux que nous sommes devenus… Entrer dans leur monde c’est se connecter à l’enfant en soi. Et c’est une fabuleuse façon d’entrer en relation avec les enfants et de créer du lien avec eux.

Beaucoup de parents jouent avec leurs bébés, avec les petites comptines, les jeux de « coucou me revoilà! », les jeux de doigts. Souvent avec le temps et l’âge, les parents ont moins le temps, les enfants se tournent plus volontiers vers leurs pairs pour jouer, et cela devient moins présent dans la relation avec nos enfants.

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Pourtant le jeu est un excellent support pour libérer les tension. Catherine Dumonteil-Kremer (Jouons autrement)  présente notamment les jeux de chahut comme exutoire lorsque l’ambiance familiale est électrique. Pour satisfaire le besoin de contact des enfants en toute sécurité. Pour nous réconcilier avec les jeux de bagarre ? Nous avons particulièrement aimé le Karaté-chaussette, sport hilarant qui consiste à chasser la chaussette de l’autre tout en gardant les pieds au chaud, fou-rire assuré….

Son livre présente également tout un tas de jeux pour jouer en famille, des jeux de groupe. Particularité? Bon nombre sont des jeux coopératifs, où le jeu créée avant tout du lien entre les participants. Et je vous assure que la chaise musicale coopérative resserre les liens même dans une classe de collégiens, en plus de provoquer fous rires et plaisir. Aussi parce que beaucoup d’entre nous n’aiment pas la compétition et associent jeu à compétition… parce que quand nous étions petits, c’était souvent important de gagner, plus que de prendre du plaisir à jouer ensemble. Ici il est question de plaisir d’être ensemble, de trouver des stratégies ensemble pour  résoudre des problèmes, ce qui met d’ailleurs en avant les compétences relationnelles qui permettent de coopérer y compris dans la vie réelle.

qui veut jouer avec moi
Quand on pense « jeux », on pense aux jeux de société par exemple. J’ai été longtemps frustrée de ne pouvoir jouer à ces jeux que j’ai toujours adoré enfant avec mon fils, parce qu’il était trop petit.  Et je dois dire qu’un livre en particulier m’a aidée à retrouver toute ma créativité. C’est le livre « qui veut jouer avec moi » de Lawrence Cohen. Une vraie bible.  Quand on lit que l’auteur, psy respectable, n’hésite pas une seconde à se mettre à 4 pattes ou à prendre une tête de mauvaise foi pour dénouer des problèmes rencontrés par des enfants, ça devient plus facile de s’y mettre à sont tour, en particulier pour tous les jeux de « rôle ». L’auteur encourage les parents à laisser les enfants jouer librement et à prendre part à leur jeux s’ils les sollicitent. A se mettre dans la peau de leur enfant et à surjouer les émotions qu’ils vivent, sans moquerie, juste pour leur faire sentir qu’ils sont compris et dénouer les tensions. Mon fils a aussi particulièrement aimé le « pistolet d’amour », ou comment transformer une arme factice faite pour tuer en machine à recevoir bisous et  « je t’aime ». Comment ne pas aimer le jeu quand on peut se transformer en « serial lover » ? Le livre regorge d’exemple pour trouver chacun son bonheur. Et pour remplir le réservoir affectif de nos enfants tout en s’amusant !

Vous trouverez des émissions consacrées à ce sujet ici  :

Le jeu dans la vie de famille avec Fami’Lien, sur Radio Grésivaudan

Le jeu pour mieux communiquer avec nos enfants, interview d’Isabelle Filliozat sur France Info

Et si vous aimeriez mettre plus de jeu dans votre vie de famille et plus largement remettre de la joie dans votre vie, je vous accompagne  !

Informations ici

A vos jeux, prêts, partez !

Quand l’écoute ne semble pas fonctionner ….

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Il y a des fois où on essaie d’écouter, on voit bien que nos enfants sont aux prises avec des émotions envahissantes, et pourtant, ça ne fonctionne pas.

 Tout à l’heure mon petit garçon rentre de l’école. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’on arrive à la maison et qu’il me réclame à corps et à cri du chocolat blanc…. du chocolat blanc, effectivement on en avait acheté mais il n’y en a plus. Et puis je n’aime pas trop donner des sucreries en début de repas de toute façon.

 J’essaie les explications. Peine perdue, il hurle de plus belle. En même temps, je dois préparer à manger et je ne suis pas super dispo.

 J’essaie de nommer son sentiment :« Tu es en colère, tu te sens frustré qu’il n’y en ait plus »

Il n’est pas frustré, il est hyper frustré, il crie.

 Je me dis que lui parler tournée vers l’évier, bon, ça doit pas être super efficace. Je me mets à sa hauteur et je continue l’écoute : « C’est difficile, tu en voulais vraiment et tu t’étais imaginé que tu aurais pu en manger, là »

 Il tempête, il est hors de lui et essaie de me frapper, il est dans la rage plus que dans la colère…. là je me dis qu’il y a anguille sous roche et que ça n’a peut être rien à voir avec le chocolat. Je me rappelle que nous sortons de l’école, et qu’il y a peut être vécu des choses qui l’ont mis en tension.« Ca a été difficile à l’école on dirait… »

 Il s’énerve de plus belle, il est tout rouge, il me repousse tout en se jetant sur moi régulièrement avec toutes ses forces, essayant de me taper. Je protège mes limites, et je reste pas loin de lui, j’essaie de venir à lui mais il me repousse… et finit par partir en hurlant dans sa chambre.

 J’ai essayé l’écoute, mais ça n’a pas eu l’air de lui convenir. A ce moment, étant seule quelques secondes, j’essaie de prendre du recul. Je me dis : oui tu as écouté avec tout tes outils, mais tu n’étais pas dans l’empathie, prises dans tes soucis de la journée, le stress de devoir faire à manger. J’essaie de laisser ça de coté. J’essaie de m’imaginer ce qu’il peut vivre, la frustration terrible que je peux ressentir parfois, la colère et la rage qui m’assaillissent parfois et dans quel état ce la me mets. Je me rappelle aussi de quoi j’ai besoin dans ces moments là. J’ai besoin de me sentir acceptée avec mon émotion et entourée.

 Je vais vers sa chambre et je m’approche.

Il me dit de partir, il me repousse, mais je m’approche doucement, sans rien dire. Je suis enfin dans l’empathie, je comprends ce qu’il peut ressentir, je ne juge pas que c’est exagéré, j’essaie d’accueillir ce qu’il vit tel que c’est, sans chercher à faire baisser la tension …  je me dis qu’il a juste besoin que j’accueille ses émotions. Ça n’est pas facile, mais c’est très différent de mon attitude dans la cuisine.

Et là, d’un seul coup, il vient vers moi et me réclame un gros calin.

 Un gros calin plus tard, il est complètement apaisé, joyeux, nous avons mangé ensemble dans la bonne humeur et il a joué une heure dans sa chambre par la suite, tout seul, tranquillement. Je n’ai pas su ce qu’il s’était passé, il n’en a plus reparlé après, mais je me suis sentie apaisée d’avoir réussi à l’aider.

 

Parfois, nous avons l’impression d’écouter. Mais nous écoutons juste avec  nos oreilles. L’écoute des émotions, c’est écouter les émotions avec son cœur en les acceptant, même si on n’accepte pas tous les comportements. Et l’acceptation, les enfants apparemment la sentent très très bien. 

Sans punition comment faire?

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Un sujet d’inquiétude régulier pour les parents, c’est la pose de limites. Nous souhaitons que nos enfants intègrent les règles de la société dans laquelle nous vivons, qu’ils aient des comportements qui leur permette de s’intégrer et de vivre bien parmi les autres. 

Plus facile à dire qu’à faire !

 Alors, quel est le point de vue de la parentalité positive sur le sujet des limites? Pourquoi d’autres façons de faire que la punition? Quelles pistes?

 Autre sujet abordé : Comment faire lorsque deux enfants ont un conflit?

 Autant de sujets abordés dans l’émission La parole aux mamans : 

 http://www.radio-gresivaudan.org/La-parole-aux-mamans.html

Les prodiges de la pleine conscience

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Quand j’étais jeune maman, j’entendais par ci par là : sois présente à ton enfant, connecte-toi à lui, sois à l’écoute.

 Alors j’essayais.

 Mais au fond de moi, ça sonnait un peu comme du chinois. Je ne voyais vraiment pas de quoi on parlait et rien dans mon expérience ne pouvait m’amener à identifier quoi que ce soit qui y ressemble. Écouter, bon d’accord, je sais ouvrir mes oreilles. Pourquoi écouter plus puisque j’écoute déjà? (Dois-je préciser que déjà petite j’avais du mal à comprendre la différence entre écouter et entendre….) Je suis capable d’écouter ce que mon enfant dit, quand même ! Mais faire quoi de plus? Et puis d’abord pour quoi faire?

 Et puis petit à petit, j’ai compris que ce qu’on appelle couramment « écouter » n’a pas grand chose à voir avec ce que de nombreux spécialistes de la parentalité appellent « écouter », écouter les émotions et les besoins. J’appris à mettre en œuvre des outils d’écoute des émotions. Au début ça me semblait super artificiel, et je me demandais vraiment si j’étais sur la bonne voie. Surtout que mon entourage me renvoyait souvent l’artificialité de ma démarche. On croit souvent – à tort- que nommer les sentiments va augmenter la détresse d’un enfant ou de quelqu’un. Ou on croit que celui qui met des mots sur le sentiment créée de toute pièce l’émotion chez l’enfant ou justifie le comportement, ce qui le ferait continuer. C’est faux, c’est souvent le contraire qui se produit. L’écoute au début c’est comme apprendre une nouvelle langue. On maitrise les mots, le vocabulaire mais la logique, l’accent et le naturel ne vont pas de soi. C’est pourtant en pratiquant qu’on finit par y parvenir.

 Pourtant, même si cet outil était assez magique pour moi, il y avait toujours des situations où je m’énervais beaucoup, je criais, j’étais dans la fureur et je ne comprenais pas bien pourquoi. Qu’est-ce qu’il avait cet enfant, à me mettre dans cet état? Pourquoi j’étais si agressive? Ça sortait d’où tout ça?

 Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un livre qui m’a beaucoup plu et qui est plein d’outils concrets pour être à l’écoute de soi, afin d’être dans le lien avec son enfant et son entourage. Un livre qui, sans y paraitre, a opéré des changements petit à petit en moi.

 Ce livre c’est

 « A chaque jour ses prodiges, Etre parent en pleine conscience » de Myla & Jon Kabat-Zinn.

Il s’agit d’un autre regard sur la fonction parentale. Un regard qui introduit à la pleine conscience et qui permet de modifier la relation parent-enfant en profondeur. Parce qu’il est illusoire de croire que les problèmes viennent seulement des parents ou des enfants, il s’agit bien d’une interaction, et le regard du parent influence fortement le comportement de l’enfant. Pour illustrer ce concept, les auteurs utilisent un conte, Sire Gauvain et la dame hideuse. Dans cette histoire, la dame est de prime abord très hideuse. Pourtant, Sire Gauvain l’accepte telle qu’elle est. La dame hideuse se transforme alors en personne d’une grande beauté. Lorsque l’on écoute quelqu’un, il se passe souvent la même chose : de prime abord, un enfant qui pleurniche, râle, hurle, ne nous attire pas forcément. Et pourtant, c’est l’acceptation de notre part, de cette part sombre, qui produit des miracles… C’est une métaphore assez parlante sur les enfants.

 Myla et Jon Kabat-Zinn nous invitent donc à pratiquer les conditions qui permettent de voir ses enfants d’une façon différente et de se transformer soi. Il s’agit d’être le plus possible conscient, de son corps, de ses émotions, de ce qui est. C’est une belle invitation à être dans le présent au lieu de camper dans le passée ou avoir peur de l’avenir. Parce que nos enfants sont là, eux, à chaque seconde. Vivants et ayant besoin de nous.

 Ils abordent les différents âges à partir de la grossesse jusqu’à l’adolescence et même le début de l’âge adulte. La totale dépendance des tout petits et ce que leur apporter toute notre attention, toute notre présence, peut leur apporter en sécurité affective. Les moments clés pour être là quand son enfant a besoin. Les besoins des adolescents, leur besoin de liberté mais aussi de disponibilité. Ils parlent même de l’école, de la méditation et de la pleine conscience en classe. Ils n’hésitent pas à aborder les sujets conflictuels tels que le coucher, les médias, la consommation, la nourriture…

 Le livre ne pouvait être complet sans aborder les limites des parents, sous un angle totalement nouveau. Parce qu’être pleinement conscient c’est être présent à ses enfants mais aussi à soi. Il se termine par des exercices pratiques pour réapprendre à être vraiment là, non pas perdu dans ses pensées mais présent à nous même et à nos enfants. A mettre de la conscience dans son quotidien et ainsi mieux maitriser sa vie.

 Voilà alors ce livre m’a bien servi et m’a aidée à apaiser mon enfant bien des fois. Parce que je ne me rendais pas forcément compte que, si j’étais présente physiquement, je ne l’étais pas toujours réellement, et ça mon fils le sentait à 100%. Combien de fois n’a t-il pas provoqué de catastrophe ou m’a-t-il fait mal juste parce que je n’étais pas « présente » à lui. Mieux vaut une maman énervée mais là, qu’une maman qui n’habite pas son corps… J’ai aussi appris en compagnie de ce livre à reconsidérer le temps, ce temps qui nous manque tant. A l’accepter, à le regarder non pas comme quelquechose de linéaire mais dont la durée dépend… de ma présence au moment présent, justement.

 « Il est illusoire de croire que nous serons dans la non-violence si nous ne pacifions pas notre rapport au temps ».

Thomas d’Ansembourg

Un livre qui fait grandir, à lire, recommander et à offrir sans hésiter !

FV

Pour aller plus loin

A chaque jour ses prodiges, Etre parent en pleine conscience. Myla & Jon Kabat-Zinn, Ed. Les Arènes

Que se passe-t-il en moi? Isabelle Filliozat, Ed. Marabout

L’intelligence émotionnelle. Daniel Goleman, Ed. Poche

une vidéo des auteurs : voir la video sur Youtube

Je ne veux pas aller à l’école !!

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Ce matin, c’est la rentrée des classes, après 2 semaines d’interruption. Au réveil, mon petit garçon me dit immédiatement : 

« Je ne peux pas aller à l’école, je suis malade »

 Hum, je ne suis pas bien réveillée, je vois bien que manifestement tout va bien  et je sens bien qu’il n’a tout simplement pas envie d’y aller. La tentation est grande de lui répondre :

 « Ah bon tu as mal où? »

 Évidemment il me répond qu’il a mal partout 🙂

Pas bien réveillée encore, je lui dis que je trouve ça bizarre parce qu’il a l’air en pleine forme.

Puis (au bout d’un trèèèès long moment) un neurone s’éveille : *écouter!*

 Je tente donc un « Ah tu n’as pas envie d’aller à l’école »

 Mais je ne reçois qu’un « Mais non je te dis que je suis complètement MALADE !!! » plein d’indignation. Raté. Eh, pas folle la guêpe il a bien vu où je voulais en venir. Bon, je choisis de ne pas insister, de prendre le temps et d’essayer d’accepter sans rien dire.

 Ce n’est finalement que au moment (presque) de partir à 8h05, quand son papa lui indique de mettre ses chaussures, qu’il proteste,  qu’il vient me voir, qu’il recommence à me dire :

 « Maman je suis trop malade, je ne peux pas y aller »

 Cette fois je ne dis rien, j’écoute juste en silence. Son père essaie de lui faire penser aux aspects positifs comme retrouver ses copains. Il pleure, gémit. Ca m’agace, ça agace son papa qui a peur qu’on soit en retard. Je respire, je suis agacée mais ça n’est pas de sa faute, c’est moi qui anticipe l’énervement, les problèmes à venir si on est en retard. Stop, dehors les pensées anxiogènes. Écoutons, respirons.  J’essaie de voir les choses à sa place. Il a passé les vacances avec nous, il a peut être passé de bons moments en famille. C’est la fin, peut être a t il besoin d’aide juste pour passer le cap du changement. Je finis par entrevoir qu’il n’est pas dans l’opposition mais juste triste. La fin des vacances, c’est  un petit deuil à faire, pour pouvoir s’ouvrir à tout ce que l’école lui apportera à nouveau. Alors je tente un « tu es triste ».

 Il finit par me répondre, entre deux sanglots : « oui je suis triste de pas rester avec vous. Dis, tu m’emmènes à l’école? Tu resteras avec moi à l’école? Et papa aussi? »

On progresse 🙂 J’ai vu juste.

Finalement nous sommes arrivés à la solution que nous l’avons emmené tous les deux, son papa est rentré un peu dans la classe, et finalement tout s’est très bien passé une fois sur place (il a même oublié de me dire au revoir ^^ c’est moi qui était triste !)

Ah…. que j’aime avoir à ma disposition cet outil, l’écoute des sentiments, dans ces situations ! Qu’est-ce que j’aime pouvoir rester dans le lien tout en résolvant les choses, même à 8h15 le matin. Et même si ça m’a pris un peu de temps initialement (5-10 minutes d’écoute), nous avons évité qu’il traine tout le long du chemin, que je peste et re-peste et que la séparation soit difficile à l’école. Et merci aussi à la pleine conscience qui me permet d’identifier mes propres sentiments pour éviter d’envenimer la situation…. mais ça j’en reparlerai dans un autre article à venir !

FV